Solaire, stockage, subventions : mieux décider pour son bâtiment commercial

Épiceries, pharmacies, bureaux, multilogements : les bâtiments commerciaux du Québec consomment beaucoup d'énergie, mais la plupart n'ont jamais été vraiment optimisés. Des tarifs d'électricité bas, des propriétaires très occupés et des programmes complexes font que les décisions sont souvent repoussées, ou prises un équipement à la fois.
Dans cet épisode, Floréal Villanova reçoit Jérémy Boucher, ingénieur électrique et PDG de Vadimap, un logiciel québécois qui automatise l'analyse énergétique des bâtiments commerciaux, industriels, institutionnels et multirésidentiels. Ensemble, ils font le point sur ce marché et sur ce que les propriétaires et les électriciens peuvent faire concrètement.
Dans cet épisode ☀️
À propos de l'invité 🎙️
Jérémy Boucher est ingénieur électrique, PDG et cofondateur de Vadimap, et conférencier en transition énergétique. Lancé en 2019, Vadimap traduit des données énergétiques complexes (tarifs, subventions, réglementation) en décisions d'affaires claires pour les propriétaires de bâtiments. L'entreprise est active partout au Canada et a ouvert une filiale en France en 2026.
Site web : www.vadimap.com
Liens
🎧 Spotify
Vous travaillez sur des projets solaires commerciaux ? Découvrez comment Otonomi DX aide les professionnels du solaire à dimensionner et chiffrer leurs projets plus rapidement.
Dans cet épisode, le « commercial » regroupe les bâtiments commerciaux, industriels, institutionnels et multirésidentiels : épiceries, bureaux, commerces de détail, quincailleries, pharmacies, résidences privées pour aînés et immeubles à logements. Leurs profils de consommation sont très variés, ce qui rend les décisions énergétiques plus complexes qu'en résidentiel.
Le tarif G s'adresse aux petits clients d'affaires dont la puissance reste sous 65 kW : c'est surtout l'énergie consommée (kWh) qui est facturée, car les 50 premiers kW de puissance ne le sont pas. Au tarif M, destiné aux clients de moyenne puissance, la puissance est facturée chaque mois. Selon Jérémy Boucher, une seule pointe, quand plusieurs machines démarrent en même temps, peut alors peser sur la facture pour le reste de l'année.
Dans les projets présentés, la principale raison d'ajouter du stockage était la résilience : rester opérationnel pendant les pannes et protéger des produits périssables ou des médicaments. Les batteries peuvent aussi servir à réduire la consommation pendant les pointes d'hiver, ce qu'Hydro-Québec rémunère par des crédits sur la facture dans le cadre de ses options de gestion de la demande de puissance (GDP) pour les clients d'affaires.
Le Québec impose une déclaration annuelle de la consommation énergétique des grands bâtiments. La première déclaration est due au plus tard le 30 juin 2027 pour les bâtiments commerciaux et municipaux de 5 000 m² et plus et pour les immeubles de 50 logements et plus. En 2028, l'obligation s'étend aux bâtiments de 2 000 m² et plus et aux immeubles de 25 logements et plus.
Plusieurs options existent : la marge de crédit avec garantie, les programmes de financement de rénovations énergétiques que la Banque de l'infrastructure du Canada mène avec BMO et la Banque Scotia, et les entreprises de services écoénergétiques (ESCO), qui garantissent la performance et se rémunèrent sur les économies. Selon Jérémy Boucher, l'offre reste limitée pour les projets de taille moyenne, alors que la plupart des projets recommandés par Vadimap tournent autour de 150 000 $.